ROMANTISME NOIR – Le crépuscule des images _ Curated by Théo-Mario Coppola

Visuel partie haute : Yasmina Benabderrahmane, Toison (détail). Visuel partie basse : Vincent Lemaire, Cosmegonie (détail).

 

ROMANTISME NOIR

Le crépuscule des images

Curateur: Théo-Mario Coppola

@ galerie EXPRMNTL

Avec Yasmina Benabderrahmane et Vincent Lemaire

Vernissage:  29 .11. 2016

Exposition: 30.11. 2016 – 25.02 2017

Romantisme Noir – Dossier de Presse

         L’exposition Romantisme Noir, le crépuscule des images met en regard les œuvres de Yasmina Benabderrahmane et de Vincent Lemaire.

Formés aux Beaux-Arts de Paris, ils partagent une propension à expérimenter la corporéité de l’image, son édification sculpturale ainsi que la matière photographique comme lieu d’expression de la singularité. Ils construisent, l’un en projetant un faisceau d’éléments provenant de la communauté des sciences, l’autre en construisant des mythes de la lumière et des corps, des propositions esthétiques proches du romantisme noir de Mario Praz : spectres incarnés, paysages de désolation, minéraux ésotériques, résurrection chimique de la matière photographique.

Le titre de l’exposition Romantisme Noir fait référence au concept élaboré par l’universitaire, collectionneur et décorateur italien Mario Praz.*

⌈…⌋ L’exposition Romantisme Noir est un manifeste décadentiste : un laboratoire de recherches expérimentales où les mythes renaissant dans la matière des corps. ⌈…⌋

Faust et Frankenstein.

Ils sont les deux astres noirs de nos sempiternelles mythologies.

(*)  Mario PRAZ, La Chair, la mort et le diable dans la littérature du XIXème siècle. Le Romantisme noir, Denoël, 1977 (Gallimard, Tel, 1998).

Picture up : Yasmina Benabderrahmane, Toison (detail). Picture down : Vincent Lemaire, Cosmegonie (detail).

ROMANTICISM BLACK

The Twilight of images

Curator: Théo-Mario Coppola

@ galerie EXPRMNTL

With Yasmina Benabderrahmane and Vincent Lemaire

Vernissage:  29 .11. 2016

Exhibition: 30.11. 2016 – 25.02 2017

Traduction : Maxime Lachaud

 

Dark romanticisme – Press file

          The exhibition Dark Romanticism, The Twilight of Images presents the works of Yasmina Benabderrahmane and Vincent Lemaire.

Both of them studied at the Beaux-Arts in Paris. They share a propensity to experiment with the corporeity of the image, its sculptural edification as well as the photographic material as a means of expressing singularity. They construct, one by projecting a bundle of elements from the community of sciences, the other by building myths of light and bodies, aesthetic propositions close to the dark romanticism of Mario Praz : incarnated ghosts, landscapes of desolation, esoteric minerals, chemical resurrection of photographic matter.

The title of the exhibition Dark Romanticism refers to the concept developed by Italian academic, collector and decorator Mario Prazz.* ⌈…⌋

⌈…⌋ The exhibition Dark Romanticism is a decadentist manifesto: a laboratory of experimental research where the myths are reborn in the matter of bodies. ⌈…⌋

Faust and Frankenstein.

They are the two black stars of our eternal mythologies.

(*) Mario PRAZ, La Chair, la mort et le diable dans la littérature du XIXème siècle. Le Romantisme noir, Denoël, 1977 (Gallimard, Tel, 1998).

© 2019 yasmina benabderrahmane

Panorama 17 – « Techniquement douce »_ Commissaire: Didier Semin.

2015, extraits vidéo HD, installation visuelle, sonore et sensorielle, dimensions variables, vidéo sonore, 26’57’’. Production: Le Fresnoy.
BAIN CELESTE
Installation présenté à Festival 100 % Expo 2016, sur une proposition de Charles Carcopino, La Villette, Paris

Bain céleste… crissement, tréfonds et volupté, est un voyage onirique et apocalyptique (ce dernier adjectif entendu au plus près de son étymologie, « apokaluptein » — découvrir, révéler) à fleur d’une photographie.

Grâce à un processus d’altération chimique, issu d’une pratique photographique traditionnelle appelée « mordançage », une masse inerte prend vie dans un bain de révélateur. Un paysage anthropomorphe se dévoile, une chair pelliculaire se révèle.

La surface épidermique est le théâtre d’une expérience sensorielle, visuelle et sonore. Un épiderme photosensible se décolle, se meut et devient reste. Les écrans entoilés révèlent un micro-organisme en image et un «micro son». Ils vibrent au contact du son telle une membrane que l’on peut effleurer du bout des doigts et contre laquelle on peut poser l’oreille. Nous engageant dans un voyage infinitésimal dans une matière-objet : la surface mise à nu conserve les diverses traces tel un corps, un paysage magnifié, qui en devient sacré. (Y.B.)

Bain céleste… crissement, tréfonds et volupté (Heavenly bath…rustling, depths and pleasure) is a journey over a photograph that is dreamlike and apocalyptic (in the close, etymological sense of the world: apokaluptein – to discover, reveal). Thanks to a process of chemical modi- fication, based on a traditional photographic practice known as mordançage, an inert mass comes to life in the developing fluid. An anthropomorphic landscape appears, grainy flesh is revealed. The epidermal surface is the theatre of a sensorial, visual and aural experience.

A photosensitive epidermis peels away, moves and becomes a remnant.

A micro-organism and a “micro-sound” appear and begin an infinitesimal journey in the matter/object. The exposed surface retains the various traces like a body, a magnified landscape, which makes it sacred.(Y.B.)

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Vue d’exposition au Festival 100% EXPO, La Villette, Paris.
Crédits photo:  Viny Vidy Vici
 

http://www.lefresnoy.net/panorama17/artwork/539/bain-celeste/yasmina-benabderrahmane#artwork


Billboard Festival Casablanca (Maroc)_ 1er au 15 Avril 2015

(crédits photo: Colin Marotta)

 

Portrait-paysage, 2009, film Super 8 couleur, muet, transféré sur dvd, édition de trois, 3’34’’.
Portrait-paysage, 2009, film Super 8 couleur numérisé, muet,  3’34’’. ©yasmina benabderrahmane

BILLBOARD FESTIVAL CASABLANCA, du 1 au 15 avril 2015 _FESTIVAL PROGRAM A LA VILLA DES ARTS DE CASABLANCA du 1er au 7 Avril 2015

Du 1er au 15 avril 2015, le BILLBOARD FESTIVAL s’installe en plein cœur de Casablanca pour occuper 63 panneaux d’affichage avec des photographies produites par pas moins de 63 femmes artistes contemporaines marocaines et scandinaves, dont une sélection d’œuvres d’étudiants de la Royal Danish Academy of Fine Arts de Copenhague et l’Ecole Supérieure des Beaux Arts de Casablanca.

Le 4X3, puissant vecteur de visibilité dans l’espace public, permet ici de confronter l’art contemporain à une audience plus large composée de milliers de citadins, automobilistes, piétons et usagers du tram, tout âge et genre confondus. Le site web billboardcasablanca.org  indique justement la géolocalisation de chaque panneau pour établir des itinéraires dans la ville et renvoyer vers les travaux des artistes présentées.

http://www.billboardcasablanca.org/locations/

FESTIVAL PROGRAM A LA VILLA DES ARTS DE CASABLANCA_Du 1er au 7 avril, le festival proposera également un parcours off : conférences d’artistes, débats, projections, performances et débats, à la Villa des Arts de Casablanca 30, Bd Brahim Roudani – Tel: 05 22 29 50 87/94.

En plus de diffuser le talent et la vision de femmes artistes, BILLBOARD FESTIVAL CASABLANCA 2015 véhicule des histoires et des images en rupture avec les publicités qui dominent les rues des grandes métropoles mondiales et participe à la sensibilisation et à l’ouverture du débat public autour des questions de genre. Cette initiative donne aux femmes l’opportunité de s’exprimer dans leurs propres termes et de faire de la ville une source d’inspiration créative pour tout le monde.

BILLBOARD FESTIVAL CASABLANCA 2015 est un projet porté par l’artiste plasticienne danoise Hanne Lise Thomsen. En 2003, elle commence par organiser son premier billboard project WOMEN2003 à Malmö et Copenhague avant de décliner le concept en 2012 à Ramallah avec WE ARE FROM HERE.

C’est aujourd’hui au tour de Casablanca, dans le cadre d’une collaboration arabo- scandinave inédite, de construire des ponts entre les cultures et de questionner notre conception de l’espace urbain et la notion du genre, et de l’identité à travers des interventions artistiques et des images d’un style nouveau représentant des femmes, produites par des femmes, et avec l’ambition, pour citer la réplique de fin du film Casablanca, que le festival marque « le début d’une merveilleuse amitié ».

CONCEPT ET PRODUCTION : Hanne Lise Thomsen en collaboration avec le professeur Anette Abrahamsson, la Royale Danish Academy of Fine Arts, et Hind Bensari, réalisatrice marocaine.

ARTISTES SCANDINAVES :

Anette Abrahamsson (SE), Jeanne Betak (DK), Katja Bjørn (DK) Yvette Brackman (DK) Christina Capetillo (DK), Sidse Carstens (DK), Charlotte Haslund-Christensen (DK), The Icelandic Love Corporation (IS), Hilda Ekeroth (SE), Maria Finn (SE), Fryd Frydendahl (DK); Gudrun Hasle (DK), Ane Henriksen (DK), Ditte Haarløv Johnsen (DK), Kirsten Justesen (DK), Lene Adler Petersen (DK), Lilibeth Cuenca Rasmussen (DK), Jytte Rex (DK), Aurora Reinhard (FI), Beathe C.Rønning (NO), Christel Sverre (NO), Jeanette Sætre (NO) Hanne Lise Thomsen (DK), Charlotte Troldahl (DK).

ARTISTES MAROCAINS :

Rita Alaoui, Leila Alaoui, Zineb Andress Arraki, Myriem Baadi, Aïcha El Beloui, Carolle Benitah, Yasmina Benabderrahmane, Hind Bensari, Deborah Benzaquen, Siham Achari Berrada, Celine Croze, Safaa Erruas, Soukeina Hachem, Yasmine Hajji, Soukaïna Aziz El Idrissi, Maria Kabbaj, Zahrin Kahlo, Wafae Ahalouch el Keriasti, Jamila Lamrani, Randa Maroufi, Safaa Mazirh, Fatima Mazmouz, Zara Samiry, Bouanani Touda, Fatiha Zemmouri

Randa Maroufi (MA) Untitled#2, from the series Reconstitutions, 2013 www.randamaroufi.com
Randa Maroufi (MA)
Untitled#2, from the series Reconstitutions, 2013
http://www.randamaroufi.com
http://www.billboardcasablanca.org/codeless_portfolio/yasmina-benabderrahmane-2/
21. Yasmina Benabderrahmane (MA)
« Masque de prière »_“Prayer mask”, 2010 – Portrait of my Maroccan grand mother
Affichage début Bd Zaid Ouhmad en face de la Gare provisoire de Casa Port.

Etudiants de la Royal Danish Academy of Fine Arts, Copenhague :

Kinga Bartis (HU), Biba Fibiger (DK), Una Gunnarsdottir (IS), Nike Åkerberg (SE), Anne Kristin Kristiansen (D), Coline Marotta (F), Radmila Jovovic (SRB), Anna Sjöström (SV).

Etudiants de l’École Superieure des Beaux Arts, Casablanca:

Amal Bachkata, Zainab Má, Khawla Lasfar, Kaghat Malak, Houda Quali Sabriv, Zineb EL Ouardi.


© 2019 yasmina benabderrahmane

JEUNE CREATION 2013

Texte d’Elsa Delage

crédits photo : JEUNE CREATION 2013, Centquatre, Paris.

Styx, 2012, film Super 8, muet, transféré sur dvd diffusé en boucle, édition de trois, 1’10’’.
Styx, 2012, film Super 8, muet, transféré sur dvd diffusé en boucle, édition de trois, 1’10’’.

http://www.jeunecreation.org/edition-2013/artistes/benabderrahmane-yasmina/

« Ce que l’on voit, ou ce qui est donné à voir serait ou ne serait pas véritablement ce que l’on voit. »

 C’est naturellement vers les médiums de l’enregistrement du réel, photographie et vidéo que Yasmina Benabderrahmane se tourne. Les apparences sont parfois trompeuses, et, en jouant avec la lumière, les formes et les angles de vue, les possibilités d’altération du réel sont infinies. Les images entretiennent une confusion déstabilisante entre la réalité et sa représentation créant ainsi des amorces de fictions. L’image produit un discours autour d’elle-même, elle interroge son caractère évanescent et sa capacité à troubler.

L’artiste observe et sonde les limites du visible et de l’invisible. La vérité de l’un heurte la vérité de l’autre, mais pourtant le simulacre satisfait le regard car c’est bien volontiers que nous nous laissons duper et désorienter. Ces lieux, formes, structures, corps fragmentés et objets mettent en évidence un monde déstabilisant qui témoigne d’une certaine intériorité, d’un ensemble gardé secret et révélé.

Yasmina Benabderrahmane travaille la matière de l’image, elle utilise la photographie argentique et le film super 8 principalement en noir et blanc. Un grain important ressort de ses productions : un grain quasi épidermique, une enveloppe protectrice qui cacherait et dévoilerait l’objet capturé. Ainsi, l’artiste explore et pénètre ce qui est enfoui, souterrain et intime.

Au Centquatre, Yasmina Benabderrahmane propose trois pièces placées au mur et au sol. Ce mode de présentation crée un univers absorbant et hypnotique interrogeant le cour de l’eau comme cour de la vie ainsi que la représentation du néant. L’artiste entremêle techniques anciennes et techniques modernes, cette manière d’âme « techno mélancolique » est caractéristique de son travail.

2012, film Super 8, muet, transféré sur dvd diffusé en boucle, édition de trois, 2’30’’.
Hallucination hypnopompique, 2013, film Super 8, muet, transféré sur dvd diffusé en boucle, édition de trois, 2’30’’.

Panorama 16_ « Solus Locus » _ Commissaire: Mathieu Orléans.

La Renardière (The fox den) Installation multimédia, 2014.

Crédits photo: Marc Domage.


La Renardière (The fox den) Installation multimédia, 2014.
Panorama 16_ « SolusLocus » Commissariat de Mathieu Orléans.
Production: Le Fresnoy.
vernissage_panorama16

La Renardière (The fox den) Installation multimédia, 2014.
“Le sacrifice”,2014, film 16mm couleur projection sur voile blanc, muet, 05 ‘ 21 « , boucle. 
“Gigi and the caldarium”, 2014, diptyque, projections de films super 8 et 16mm, couleur, sonore, 22 ‘ 02 « , boucle.
Le sacrifice
 https://vimeo.com/102994396

Ma grand-mère paternelle, originaire du Nord-Pas-de-Calais depuis plusieurs générations, vit actuellement dans la banlieue Lilloise. Après plus de vingt-cinq ans d’union, « Gigi » a fuit à l’âge de quarante-cinq ans son mari d’origine algérienne. Ils ont tous deux dirigé des bars-discothèque en Europe ainsi qu’un «Hôtel de passe» à Aachen. Cette femme que j’ai rencontrée pour la première fois à vingt-trois ans a toujours été une énigme pour moi.Trois films tourné-monté en super 8 et en 16mm présentent de multiples volets en dévoilant le personnage principal: des fragments d’images pour des fragments de vies – ses dires, sa voix rauque et asthmatique, morcelés en souffle continu et en mots – ponctuent l’installation qui s’intitule « La Renardière ».

 L’image n’est faite que de grain. La pellicule réagit comme la chair : ça souffre, ça vit, ça se travaille, ça se retravaille, ça s’en prend plein la gueule. La pellicule comme un bout de vie, un morceau de vivant. Un corps torturé volontairement ou accidentellement. Un corps interdit et passionnel en devient pernicieux, à la limite blasphématoire. Cette dichotomie entre le corps pudique dans la sphère intime et le corps publique est source d’étonnement et de fascination. Un catalogue de vie que je dissèque comme un corps, morceau par morceau, une suite d’images en matière. Un catalogue de vie que j’énumère métaphoriquement, en liste descriptive, comme le ferait un enquêteur impliqué, subjectif et touché. (Y.B.)

lefresnoy.net/panorama16/#/aw/54/La%20renardi%C3%A8re

“The sacrifice” movie 16mm color projection on white veil, mute, 05 ‘ 21 « , loop. 

“Gigi and the caldarium”, diptych, projections movies super 8 and 16mm transferred, color, sound video, 22 ‘ 02 « ,loop.

My paternal grandmother, born in Nord-Pas-de-Calais like generations before her, now lives in the suburbs of Lille. At the age of forty-five, after more than twenty-five years of marriage, “Gigi” ran away from her husband of Algerian origin. Both ran bars and discotheques around Europe as well as a brothel in Aachen. This woman whom I first met when she was twenty-three has always been an enigma for me.  Three films shot and edited in Super 8 and 16mm present multiple chapters revealing the main character: fragments of images for fragments of lives – her words, her hoarse, asthmatic voice, broken up into continuous breath and words – punctuate the installation titled La Renardière.

The image is all grain. The film reacts like flesh. It suffers, it is alive, it is worked, it is reworked, it takes its fill. Celluloid like a bit of life, a piece of life. A deliberately or accidentally tortured body. A forbidden and passionate body becomes pernicious, almost blasphemous. This dichotomy between the modest beauty in the private sphere and the public body is a source of astonishment and fascination. A catalogue of life that I dissect like a body, bit by bit, a series of images in matter. A catalogue of life that I metaphorically reel off, in a descriptive list, as would an involved, subjective and personally moved investigator. (Y.B.)

lefresnoy.net/panorama16/#/aw/54/La%20renardi%C3%A8re

Primo Piano

Texte de Leslie Compan, 2011.

« Film is landscape and silence, while video is close-up and sound ».Vito Acconci

Dans la rigueur de l’expérimentation, Yasmina Benabderrahmane construit une œuvre doublement sensible et scientifique qui déjoue les points de signifiance du réel. Ses photographies et ses films forment, plus qu’une série, un véritable corpus actant d’un processus de recherche. A hauteur de son regard, le paysage du monde et des corps qui l’habitent, des fragments de nature, des éléments d’architecture ou de corps, qui du micro au macro, sont identiquement enregistrés. Difficile de parler de sujet à proprement parler, ou plutôt de prétexte, car précisément ces éléments n’en sont pas dans l’œuvre de Yasmina Benabderrahmane.

Sensibles, photo-sensibles, ces éléments apparaissent davantage comme des marqueurs, des structures d’enregistrement du monde. Précisément, l’appréhension du sujet disparaît au profit de l’expérience sensible ; au profit de ce que ces éléments sont en tant que formes, plutôt qu’en tant que représentations. Un processus qui définitivement prend le parti du tangible plutôt que de celui de la projection et des fantasmes qui lui sont associés. Le corps n’est pas ici un élément du romantique, mais toujours cruellement terrestre. Aussi une dichotomie corps / paysage structure-t-elle l’œuvre de Yasmina Benabderrahmane, plaçant ainsi ces fragments sur le même plan physique, phénoménologique, de sujets devenus formes. Pour introduire peu à peu le sentiment de l’érosion qu’a subie la confiance même que nous portons à la seule expérience visuelle et en notre croyance acharnée en un réel signifiant.

Leslie Compan.

 

http://primopiano.fr/exhibition-space/one-page/archives/yasmina-benabderrahmane/

Dune, 2009, tirage argentique baryté mat contrecollé sur alu, édition de trois, 80 x 120 cm.
Dune, 2009, tirage argentique baryté mat contrecollé sur alu, édition de trois, 80 x 120 cm.
Collection, 2011, tirage argentique baryté mat, édition de trois, encadrement bois , 33 x 33 cm.
Collection, 2011, tirage argentique baryté mat, édition de trois, encadrement bois , 33 x 33 cm.

© 2019 yasmina benabderrahmane

54EME SALON DE MONTROUGE – 2009 Commissaire: Stéphane Corréard

Texte d’Erik Verhagen, 2009, éditions particules, Catalogue du 54ème Salon de Montrouge.

Les photographies et films de Yasmina Benabderrahmane visent à dévoiler la part de simulacre inhérente à ces médiums.

Reflétant invariablement une « inquiétante étrangeté », ses œuvres, sans pour autant témoigner de trucages et autres manipulations, instaurent un décalage, aussi infinitésimal soit-il, synonyme d’écart ou de perte. Fixes ou en mouvement, ses images se donnent ainsi à voir justement en tant qu’images et ne cherchent pas en premier lieu à accentuer et encore moins à interpréter ce à quoi elles renvoient.

Il ne s’agit pas pour autant de minimiser la chose représentée dans la mesure où ce sont finalement toujours le modèle ou le motif qui donnent à l’artiste, au gré de ses flâneries, l’impulsion première, lui permettant d’amorcer puis de concrétiser leurs devenirs iconiques. Que ce soient les jambes de la prostituée rencontrée à Copenhague (Mascarade), le couple filmé dans son séjour (Une matinée), la maison dissimulée par une haie (Die Hecke) ou la tente enfouie dans un bois (Das Kino), les éléments photographiés ou filmés par Yasmina Benabderrahmane se convertissent toujours en données photographiques et filmiques.

Les opérations de cadrage, de fragmentation, de développement, de découpe et de montage garantissent bien entendu cette conversion, tout comme la volonté de souligner l’épiderme recouvrant la chair pelliculaire. « Au-delà de la visibilité de l’image, affirme l’artiste, il n’y a rien à voir puisque l’image concentre sur elle toute la visibilité ».

(Erik Verhagen.)

Benabderrahmane_4P

54EME SALON DE MONTROUGE – 2009

LE COMMISSAIRE ARTISTIQUE

Stéphane Corréard

avec les artistes:

Agrinier Thomas, Ajina Laurent, Alechine Sergueï, Alftan Henni, Amine Leslie, Argote Ivan Bartoletti Olivier, Bastard Pauline, Bechtel Laurent, Bellenger François, Benabderrahmane Yasmina, Berthier Damien, Bertrand Amélie, Bolchakova Anastasia, Bragard Rémi, Buraglio Claude, Brouillon Jo et Garcia Franck, Blicquy Anémone (de)

Ceglia Maïté, Chen Xue-Feng, Chouvellon Boris, Clarke David Michael, Coelho Ophélie, Cuquel Grégory, Curtiss Julie Deflandre Gerald, Delaunay Ropolphe, Della Negra Alain et Kinoshita Kaori, Doret Alain, Dorotte Antoine, Du Sordet Mathilde, Dugit-Gros Chloé

Farnault Déborah, Favret Pierric, Fontaine Camille, Forest Dominique, Fourey Morgane, Frugier Audrey, Gillot Mathieu, Gramont Arnaud (de), Hochart Benjamin, Hugard Benjamin, Jimenez Bayrol, King James, Klimowski Thomas, Kuntz Raphaël

Lacroix Perrine, Laigle Clément, Le Squer Serge, Lee Jin, Lejolivet Antoine, Lelièvre Suzy, Leroy Jean-François, Leto Nicolas et DjianClara, Marti-Vives Richard, Mercier Théo, Nicaise Simon, Nogues Oriol, Parizy Fabrice, Pastor Julien, Porte Aurélien, Prexl Laurent

Rambaud Mildred, Regazzoni Tony, Renaud Jean-Xavier, Ripoll-Hurier Simon, Robbe Jérôme, Roeskens Till, Roy Emmanuelle, Sarlin Christophe, Servent Eve, Song Jiayi, Sorin Elise, Tampon Lajarriette Marion, Torres Fanny, Tourre Nicolas, Tricoire Marion, Valdivia Miguel Angel, Viaud Guillaume, Vigny Stéphane, Warboys Jessica, Xu Weihua, Zefferi Giuliana.

 

LA SCÉNOGRAPHE

matali crasset

LE JURY

Le Président : Fabrice Hergott

Les membres :

  • Jean Brolly
  • David Caméo
  • Pierre Cornette de Saint-Cyr
  • Élisabeth Couturier
  • matali crasset
  • Xavier Franceschi
  • Arnaud Labelle-Rojoux
  • Anne France-Lanord
  • Claire Le Restif
  • Christine Macel
  • Mario Pasqualotto
  • Agnès Rein
  • Yves Robert
  • Marc-Olivier Wahler

LES LAURÉATS

Les lauréats désignés par le jury présidé par Fabrice Hergott ont été pour la 54ème édition du Salon de Montrouge :

  • Kaori Kinoshita et Alain Della Negra, Grand Prix du Salon
  • Aurélien Porte, Prix Spécial du Jury
  • Antoine Dorotte, Prix du Conseil général des Hauts-de-Seine

L’INVITÉ D’HONNEUR

Arnaud Labelle-Rojoux, artiste et écrivain, invité d’honneur de la 54ème édition du Salon de Montrouge.

L’ÉCOLE INVITÉE

La Villa Arson, école invitée de la 54ème édition du Salon de Montrouge.

Arnaud Labelle-Rojoux, commissaire de l’exposition de l’école, avait choisi de présenter le travail de :

  • Jean-Pierre Bertrand
  • Benjamin Blaquart
  • Marion Charlet
  • Verana Costa
  • Camila Farina
  • Jérôme Grivel
  • Yasmina Hatem
  • Sandra Lorenzi
  • Zora Mann
  • Emile Marc
  • Jeanne Moynot
  • Edgardo Navaro
  • Loïc Pantaly
  • Mathieu Schmitt
  • Sergio Verastegui

LE COLLÈGE CRITIQUE

Présidé par Stéphane Corréard, commissaire artistique du Salon, et coordonné par Gael Charbau le collège critique de la 54ème édition du Salon de Montrouge a réuni :

  • Alain Berland
  • Yves Brochard
  • Marie de Brugerolle
  • Carlos Cardenas
  • Sandra Cattini
  • Gaël Charbau
  • Leslie Compan
  • Manou Farine
  • Patrice Joly
  • Frank Lamy
  • Emmanuelle Lequeux
  • Éric Mangion
  • Pedro Morais
  • Vivian Rehberg
  • Clara Schulmann
  • Sara Stenczer
  • Erik Verhagen
 
 

© 2019 yasmina benabderrahmane